Je suis déjà satisfait


Je suis déjà satisfait

J'ai toujours entendu parler de cette équipe mythique de 1974, celle qui a disputé la Coupe du Monde en Allemagne de l’Ouest, dans un tournoi organisé notamment à Munich, et qui a marqué les esprits en brisant la longue série d’invincibilité du légendaire gardien italien Dino Zoff. Ce souvenir, transmis comme une légende vivante, a nourri en moi une forme d’imaginaire presque irréel autour du football haïtien. Pendant des années, je me suis surpris à rêver simplement de revoir un jour notre drapeau flotter parmi les nations qualifiées pour une phase finale de Coupe du Monde, comme une présence naturelle dans le paysage du football mondial.
Aujourd’hui, grâce à vous — membres et personnel de la Commission de normalisation, staff technique et joueurs — ce rêve devient réalité. Et je vais me permettre ce moment simple mais puissant : m’asseoir devant mon laptop, le cœur chargé d’émotion, pour regarder et admirer ce que je considère comme un petit miracle sportif et collectif. Ce n’est pas seulement une qualification, c’est une respiration retrouvée, une porte qui se rouvre sur un monde que l’on croyait parfois trop lointain.
Je sais que pour certains pays, participer à une phase finale de Coupe du Monde relève presque de la routine, une étape logique dans leur parcours footballistique. Mais dans notre contexte, la réalité est tout autre. Ici, le football amateur que nous connaissons et pratiquons a été fragilisé au fil des années, au point de perdre la régularité d’un championnat digne de ce nom. Et comme symbole fort de ces difficultés, nous n’avons même pas eu le privilège d’accueillir un seul match officiel à domicile. Dans ces conditions, aller chercher une qualification à l’extérieur, encore plus un 18 novembre, prend une dimension presque irréelle, comme si le sport avait réussi à dépasser les limites du contexte.
1974 FIFA World Cup reste justement dans nos mémoires comme une référence fondatrice, un point d’ancrage qui rappelle ce que nous avons déjà été capables de réaliser sur la scène mondiale. C’est ce type d’héritage qui donne du poids à l’instant présent et qui rend cette qualification encore plus symbolique : elle ne sort pas de nulle part, elle répond à une histoire, à une mémoire, à une attente longue et silencieuse.
En ce qui me concerne, tout résultat positif ou même un match nul dans la suite de cette aventure sera déjà une cerise sur le gâteau. La qualification, en elle-même, comble largement mon cœur et dépasse mes attentes. Elle suffit à nourrir la fierté, à raviver l’espoir et à rappeler que le football peut encore être un espace de surprise et de renaissance.
Félicitations à vous, merci pour le travail accompli, et surtout : faites-vous plaisir sur le terrain. Parce qu’au-delà des résultats, vous portez désormais quelque chose de plus grand que le jeu lui-même — une attente, une mémoire et un rêve collectif qui, enfin, respire à nouveau.
 
Gregory "Gregg Le Jérémien" Remarais

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