Commission mixte franco-haïtienne 🇭🇹🇨🇵: annoncée en 2025, disparue en 2026 ?

Commission mixte franco-haïtienne 🇭🇹🇨🇵: annoncée en 2025, disparue en 2026 ?

Le 17 avril 2025, en un jour à forte portée symbolique, le Président de la République française annonçait la création d’une « commission mixte franco-haïtienne, chargée d’examiner le passé commun des deux nations et d’en éclairer toutes les dimensions ».
Extrait de la Déclaration du Président de la République sur la relation entre la France et Haïti, cet engagement traduisait la volonté exprimée par Emmanuel Macron de « tirer les enseignements du passé et de construire un avenir plus apaisé » dans les relations bilatérales. L’initiative s’inscrivait ainsi dans une dynamique plus large de relecture des héritages coloniaux, notamment autour de la question sensible de l’indemnité imposée à Haïti en 1825, dont les effets économiques et symboliques continuent d’alimenter le débat.
Cependant, un an après cette annonce, un constat s’impose avec une certaine acuité : les travaux de cette commission demeurent largement invisibles dans l’espace public. Aucune communication substantielle, aucun rapport intermédiaire, ni même d’indications claires sur l’état d’avancement des recherches ne semblent avoir émergé. Ce silence interroge.
Faut-il y voir le temps long inhérent au travail historique, qui exige rigueur, croisement des sources et prudence interprétative ? Ou, au contraire, ce mutisme traduit-il les limites politiques d’un exercice confronté à des enjeux diplomatiques sensibles, voire à des réticences à rouvrir certains dossiers, notamment ceux liés aux responsabilités historiques et aux éventuelles réparations, d’autant plus que la France et plusieurs de ses alliés européens se sont récemment abstenus lors d’un vote à l’Assemblée générale des Nations unies portant sur une résolution introduite par le Ghana visant à qualifier la traite des esclaves de crime contre l’humanité ?
Composée d’historiens haïtiens et français, et co-présidée par Yves Saint-Geours et Gusti-Klara Gaillard Pourchet, cette commission se voulait à la fois un espace de production scientifique et un instrument de dialogue entre les deux pays. Or, en l’absence de résultats visibles, le risque est grand que cette initiative demeure à l’état d’annonce, rejoignant ainsi la longue liste des gestes symboliques sans traduction concrète.
Dès lors, la question centrale n’est plus seulement celle des intentions affichées, mais bien celle de leur effectivité : comment « construire un avenir plus apaisé » sans rendre compte, de manière transparente, des avancées réalisées ? À défaut de livrer ses conclusions, la commission laisse en suspens les attentes qu’elle avait elle-même suscitées, installant une forme d’incertitude qui fragilise la portée même de l’engagement initial.
 
 
Gregory "Gregg Le Jérémien" Remarais

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